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"I do think he is one of the world's great musicians and visionaries."

Charlie Gillet, BBC-London

Titi Robin, né à la fin des années cinquante dans lʼouest de la France, a construit dès le début de sa carrière un univers musical très personnel,cherchant une harmonie entre les différentes cultures quʼil côtoie quotidiennement et qui lʼinfluencent directement et profondément. Ces cultures sont principalement celles des communautés gitanes et orientales, mêlées à l'environnement occidental. Avant que le courant des "musiques du monde" nʼapparaisse, cʼest au sein de ces deux communautés quʼil trouvera un écho sensible et encourageant, le milieu musical hexagonal dominant ne comprenant alors pas vraiment sa démarche. Les fêtes communautaires arabes et gitanes lui donnent lʼoccasion de tester la couleur originale de son approche musicale face à ces traditions riches dont il sʼinspire mais quʼil nʼimite pas, recherchant obstinément une voie quʼil lui semble exprimer avec le plus de justesse sa condition dʼhomme et dʼartiste contemporain. Les musiciens qui lʼaccompagnent alors sont presque exclusivement originaires de ces minorités. Les deux artistes phares dans sa démarche autodidacte sont Camaron de la Isla, le cantaor flamenco et le maître irakien du ʻoud, Munir Bachir.

Au début des années 80, il commence à composer dans un style éminemment personnel quʼil nʼa pas quitté depuis.
En 1984, il se produit (à la guitare, au ʻoud et au bouzouq) en duo avec Hameed Khan, tabliste indien originaire de Jaipur, se produisant aussi bien sur scène que dans les fêtes locales, les clubs et les restaurants orientaux. Son répertoire (instrumental) se constitue petit à petit, ainsi que les bases de son style dʼimprovisation. Un disque :« Duo Luth et Tablâ », maintenant épuisé et devenu un collector* témoigne de cet univers profondément original.

En 1987, la scène angevine voit apparaître un groupe étrange :
« Johnny Michto », qui mêle la rythmique berbère marocaine, le bouzouq électrifié, la basse rock et les clarinettes et cornemuses ; une tentative de proposer au public une alternative aux combos de rock qui pullulent, en mariant les cultures populaires des membres du groupe. Mais là encore, cʼest la communauté maghrébine qui accueille le plus chaleureusement la formation, les « Français de souche » ayant du mal à situer ce style aux références inédites.
En parallèle du duo instrumental avec Hameed Khan, qui mêle improvisations mélodiques et duels rythmiques enjoués, Thierry Robin rencontre le chanteur breton Erik Marchand qui représente pour lui la culture populaire et traditionnelle la plus riche aux abords de sa région dʼorigine.
Ils vont développer ensemble un répertoire de compositions utilisant les modes avec quarts de tons et le mariage de lʼimprovisation modale orientale de type taqsîm avec la Gwerz, complainte monodique très ancienne dont le chanteur est alors lʼun des rares dépositaires avec Yann Fanch Kemener. Ocora Radio-France leur commande un enregistrement :
« An Henchou Treuz » (1990) qui recevra le Grand Prix de lʼAcadémie Charles Cros et cʼest lʼamorce de la réunion des deux duos qui formera le « Trio Erik Marchand » pour lequel Thierry Robin compose et arrange lʼessentiel du répertoire. Cette formation, dʼune grande originalité puisquʼelle réunit un chanteur breton, un joueur de luth arabe et un spécialiste du tabla indien (pour lʼanecdote, cʼest une photo de ce groupe qui illustre le premier article consacré à la « world music » dans lʼEncyclopedia Universalis) tournera beaucoup, de festivals Womad en scènes consacrées aux musiques contemporaines, du Théâtre de la Ville à Paris au Quartz de Brest, en passant par la scène jazz qui apprécie leur démarche novatrice dans lʼimprovisation. Ils tourneront aussi à lʼétranger, de Québec à Houston, de Marrakech à Jérusalem.

 

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En 1991 sort le premier opus sous le nom de « Trio Erik Marchand » : 
« An Tri Breur » Evénement Télérama, “Référence” de la revue Compact, au sein du label Silex. Cette formation a fait connaître Titi Robin essentiellement comme ʻoudiste, et un disque sorti en janvier 93 va permettre de mieux situer lʼunivers du musicien et lʼinterprète du bouzouq et de la guitare:

« Gitans »  Evénement Télérama, Choc du Monde de la Musique, Diapason 5 est un hommage souhaité par lʼartiste envers la communauté gitane qui lui a tant appris. Mosaïque de rencontres entre des artistes chers à Titi Robin et qui représentent différentes branches de cette grande famille, de lʼInde du Nord à lʼAndalousie, via les Balkans, dʼoù il puise sa vision musicale personnelle.

Musiciens invités: Gulabi Sapera (chant), Bruno el Gitano (chant, palmas, guitare), Mambo Saadna (chant, palmas, guitare), Paco el Lobo (chant, palmas), François Castiello (accordéon), Hameed Khan (tablâ), Francis Moerman (guitare), Abdelkrim Sami (percussions), Bernard Subert (clarinette, cornemuse).

Ce disque, et la formation qui va en découler, vont rencontrer un large public, réunissant à la fois les aficionados avertis et les amateurs de musique méditerranéenne. « Gitans » tournera du Japon à lʼHollywood Bowl (USA), de lʼAfrique du Sud aux grands festivals européens de musiques du monde. Début 96, rompant avec cette aventure collective éclatante, sort un disque instrumental, entièrement improvisé, « Le Regard Nu », aboutissement dʼune année de recherche expérimentale. Thierry Robin sʼest inspiré des poses de modèles féminins, à lʼinstar dʼun peintre ou dʼun sculpteur, pour nourrir ses improvisations musicales, au ʻoud et au bouzouq, en solo.

Ce disque unique reste une de ses grandes fiertés et a conquis un cercle dʼadmirateurs sur toute la planète.
Les tournées de Gitans se poursuivent, ce dont témoigne
« Payo Michto » en 97, disque live avec Francis Varis à lʼaccordéon.

Titi Robin souhaite alors trouver une voie tissant des liens avec les musiques populaires occidentales modernes, ce qui conduit à une nouvelle formation, incluant dans lʼorchestration le saxophone, la batterie et la basse.
Ce sera : « Kali Gadji » (98)

Les influences gitanes et orientales, toujours très présentes, se mêlent à la tchatche en français ainsi quʼaux polyrythmies dʼAfrique de lʼOuest.
Les musiciens invités sont Renaud Pion (saxophones), Abdelkrim Sami (chant, percussions), FaridRobertoSaadna (chant, guitare, palmas), JorgeNegritoTrasante (batterie), Gabi Levasseur (accordéon), Alain Genty (basse) et Bernard Subert (hautbois, cornemuse). Cet orchestre tournera plusieurs années en parallèle de « Gitans ».

Cʼest en 2000 que sortira : 
« Un Ciel de Cuivre »
Choc 2000 du Monde de la Musique, 10 de Répertoire, Sélection FIP
Album qui de lʼavis de Titi Robin, est le disque représentant le mieux son univers musical dans sa diversité. Quinze musiciens sont invités dont Farid “Roberto” Saadna, Gulabi Sapera, Keyvan Chemirani, François Laizeau, RenaudPion, Negrito Trasante, Francis-Alfred Moerman, ...

Une formation en sextet tournera désormais en permanence, présentant des thèmes issus de ce disque mêlés à des compositions plus anciennes. Est présenté également un trio instrumental (ʻOud, guitare, bouzouq/accordéon/percussions) puisant dans lʼensemble du répertoire de Titi, qui se produira beaucoup à lʼétranger, en particulier au Moyen-Orient.
Depuis lʼannée 1992 , Thierry Robin nʼavait cessé de collaborer avec Gulabi Sapera, à laquelle il avait dʼailleurs consacré un livre « Gulabi Sapera, Danseuse Gitane du Rajasthan » (2000, Naïve/Actes-Sud).
Elle était fréquemment lʼinvitée des spectacles de Titi et la chanson « Pundela » issue du disque « Gitans », comme « La rose de Jaipur », dans « Un ciel de cuivre », montraient à quel point la rencontre entre ces deux artistes suscitait lʼémotion.

En 2002 sort un opus quʼils co-signent : « Rakhî » 
Choc du Monde de la Musique, " Top of the World " Songlines
Consacré au mariage de leurs univers respectifs, sur la base de chansons de la caste des Kalbeliyas, les charmeurs de serpent dont Gulabi est la danseuse emblématique et internationalement reconnue. Un spectacle où sa chorégraphie et les compositions de Titi Robin sʼassemblent a vu le jour en septembre 2002, « Jivula », et est annoncé sur de nombreuses scènes françaises et internationales. Bénéficiant dʼune création lumière de Pascale Paillard, cette nouvelle aventure scénique reçoit un accueil extrêmement chaleureux.

La même année, il réalise lʼintégralité de la bande-originale du film de Manuel Boursinhac « La Mentale ». (magnifique BO toujours chez naïve)

En 2004, pour fêter 20 ans de carrière, paraît :« Alezane»
Anthologie, double digipak 5 volets avec un livret 28 pages couleur créé par Eric Roux-Fontaine. Alezane est une sélection dʼenregistrements de Titi présentée sous la forme de deux CDs thématiques : « le jour » présente des titres rythmés et dansants, « la nuit » des titres plus intimistes, agrémentés dʼinédits, de versions remixées et de certains titres réinterprétés. Tous les titres ont été remasterisés. Sélection FIP.

Cette même année, Titi Robin rejoint une nouvelle agence de concerts : Zamora.

Nouvelle équipe, nouveau souffle, nouvelle route de concerts, et deux séries de productions parisiennes en 2005 : 4 soirées magiques au Théâtres des Bouffes du Nord en février 5 soirs au Cabaret Sauvage en novembre, à lʼoccasion de la sortie du nouvel album : « Ces vagues que lʼamour soulève » (naïve, octobre 2005)

Alors que les enregistrements des disques précédents ont souvent été lʼoccasion dʼinviter de nombreux musiciens, avec qui Titi Robin ne tournait pas forcément sur scène, mais qui convenaient idéalement à lʼinterprétation dʼun ou plusieurs morceaux, pour celui-ci, il a convié un comité de musiciens plus restreint, et qui correspond en grande partie à ceux qui lʼentourent pour les spectacles. Il y a avant tout ce trio formidable (Francis Varis à lʼaccordéon, Kalou Stalin à la basse et Ze Luis Nascimento aux percussions) qui lʼaccompagne toute lʼannée au sein de JIVULA (la création musicale et chorégraphique de Titi Robin et Gulabi Sapera), du QUINTET et du TRIO, et quʼil a souhaité omniprésent tout au long des morceaux de ce disque.
Le cantaor flamenco Jose Montealegre, qui chante au sein du QUINTET, est venu magnifier la suite musicale écrite autour du ʻoud. Les frères Saadna, (Los Rumberos Catalans), avec qui il joue depuis de nombreuses années, lʼont rejoint pour clore le disque dans la fête gitane.
A lʼoccasion de la composition de la bande originale du film de Manuel Boursinhac « La Mentale », pour la 1ère fois était présent un orchestre à cordes, composé essentiellement dʼaltos, violoncelles et contrebasses. Titi Robin a prolongé cette expérience ici, grace aux subtils arrangements de Francis Varis, sur trois thèmes.
Et puis cette année est apparue sur scène une nouvelle formation : TITI ROBIN « EN FAMILLE », qui réunit autour de Gulabi Sapera et Titi Robin la nouvelle génération familiale. Maria, au chant, et La Coque, aux percussions, lʼont rejoint en studio pour enrichir ce disque de leur art tout neuf et déjà magique et troublant.

"CHOC du Monde de la Musique"
"Cet album offre d'appréhender une des plus singulières trajectoires d'artiste en France."

LE MONDE DE LA MUSIQUE
"Une oeuvre qui dès les premières notes inspire le respect."

WORLD
"La musique de Thierry "Titi" Robin apporte un souffle d'air frais aussi cinglant que salutaire. Ce disque est une fête intimiste qui, avec une fluidité et une cohérence rares, reflète avec mille nuances le tempérament aventureux
et jusqu'au-boutiste du Français."

LES INROCKUPTIBLES
"Une splendeur, un bienfait, une offrande."

LE FIGARO
"Sa différence ? Un sens délicat de la composition, un subtil toucher de cordes (bouzouk, oud et guitare), un vrai talent pour inventer des mélodies conjuguant évidence et raffinement. Et puis cette aptitude habile à emporter l'auditeur au coeur de son voyage intérieur fait de vécu et d'invention."

LE MONDE
Toujours en 2005 Titi Robin a réalisé (assisté de Silvio Soave à la console son et mixage) la bande originale du film de Florence Quentin "OLE!" (avec Gérard Depardieu, Gad El Maleh, Sabine Azema, ...). Il a invité pour l'interprétation du thème principal Los Rumberos Catalans (les frères Saadna); Ze Luis Nascimento, Tony Hernandez, Kalou Stalin, Francis Varis, Jose Montealegre, Julien Rousseau et Cécile Apsara leur ont prêté main forte. BO naïve (sortie décembre 2005)


Enfin, 2005, cʼest aussi une belle tournée de concerts dans toute la France et une invitation dʼAlain Bashung à Titi Robin lors de sa carte blanche à la Cité de la musique en juin. Les deux musiciens se réuniront à plusieurs reprises en 2006.
Une année qui sʼest terminée avec Israël et Palestine, des moments de musique intense dans une contrée chargée politiquement et culturellement, de belles rencontres (tout comme cela avait déjà été le cas en août au Liban).

En 2006 :
Sortie du DVD « Jivula » et du CD « Anita ! » (production madoromusic, distribution naïve) - Contenu:

  1. "airs de voyages": documentaire présentant l'univers de Titi Robin, à partir d'un voyage andalou sur la tombe de Camarón de la Isla, mêlant interviews et images d'archives, extraits de musique sur scènes et en famille, ...
  2. "Jivula": Filmée en concert , en intégralité, la création musique et danse de Titi Robin et Gulabi Sapera.
  3. "Scènes": Huit compositions de Titi Robin interprétées sur scène par les diverses formations du musicien (Trio, Quartet, Quintet , ...)
  4. "La danse du serpent": Reportage de 52ʼ sur la vie de la danseuse gitane du Rajasthan Gulabi Sapera et la caste des charmeurs de serpents dont elle est issue, filmé en Inde ainsi quʼen France.
  5. Galerie de photos: Diaporama musical dʼaprès un reportage photographique de Louis Vincent sur Titi Robin et ses compagnons de routes.

Réalisation des documentaires, reportages et captations live : Sergio Mondelo.

Ce DVD sera accompagné de:
- un CD live intitulé "ANITA!" regroupant des interprétations sur scènes à l'automne 2005, enregistrées et mixées par Guillaume Dubois assisté de Jérôme Musiani.
- un livret de 24 pages riche en illustrations (photos de Louis Vincent)

« Parfois les CD audio libèrent lʼimaginaire alors que les DVD musicaux le brident. Dans ce coffret où les deux modes dʼexpression ont la parole, le plaisir du son est au contraire démultiplié par celui de lʼimage. »
TELERAMA Eliane Azoulay

« Robin déploie sur scène les ailes de lʼimprovisation, de la fantaisie, afin de cerner au plus près lʼivresse du danger, car sa musique, tout comme lʼoeillet sanglant figurant sur le livret, est un bijou qui sʼépanouit sous toutes
les latitudes, et tous les soleils. »
LES INROCKUPTIBLES

« Un DVD qui ne se résume pas en quelques lignes tant il est riche dʼanecdotes et dʼhistoires de vie à lʼaventure musicale intense de Titi Robin. »
WORLD


Rencontres et Créations : avec Danyel Waro

A lʼinvitation de Philippe Conrath pour le festival Africolor, Titi Robin conçoit avec le chanteur et poète réunionnais Danyel Waro, figure emblèmatique du maloya, un concert réunissant leurs deux univers artisitiques :
« Michto Maloya »
Ce concert devait être ponctuel mais devant les nombreuses demandes dʼorganisateurs, il prendra la route de lʼhiver 2006 à lʼété 2007, lors de trois tournées successives (des transmusicales de Rennes au festival Sakifo à la Réunion, en passant par « Jazz sous les pommiers » à Coutances, le théâtre des Bouffes du Nord à Paris, ...)
Avec le Maâlem Abdenbi el Gadari au festival dʼEssaouira (Maroc):
En juin, Titi Robin s'est rendu au festival gnawa d'Essaouira (Maroc), avec Kalou Stalin et Ze Luis Nascimento. Ils se sont produits en trio et ont préparé un concert exceptionnel avec le Maâlem Abdenbi.

"La programmation a offert de purs moments de grâce, notamment les confrontations du Titi Robin Trio avec le maâlem Abdenbi El Gadari et du Pat Metheny Trio avec Mustapha Bakbou."
Fara C - L'Humanité

"Le mélange et le brassage étaient de mise, notamment chez Kébir et à Dar Souiri où Abdenbi el Gadari, à une heure tardive, s'est livré à une véritable prouesse avec Titi Robin." Essaouira - Hassan Alaoui  LE MATIN

Avec Faiz Ali Faiz (première rencontre en prélude à une future création originale) "Samedi 5 août, la scène du Port accueille une création commune à l'Angevin ciseleur de cordes nomades Titi Robin et le Pakistanais Faiz Ali Faiz, nouvelle star du qawwali, le chant soufi du Penjab, hier popularisé par Nusrat Fateh Ali Khan (décédé en 1997) et les Sabri Brothers.

"L'espace est saturé. On assiste à un moment de partage inédit. A travers une connivence qui semble toujours avoir été, s'inventent un libre échange de nuances, une esthétique nouvelle. La scène devient terrain de jeux, aire de plaisir partagé. La musique qui monte est fluide, limpide, prenante."
Le Monde - 7 août 2006 - Patrick Labesse

"Faiz Ali Faiz et Titi Robin ont délivré une prestation sublime, samedi soir, au festival des Escales. Le délire s'est emparé du public. Les qawwal chantent « Allah-ou » en fermant les yeux. Ils les rouvrent pour observer les prouesses inspirées de Titi. Le résultat : un triomphe, des spectateurs les supplient d'enregistrer un album. Ils ont eu cette chance d'assister à une étincelle, mieux, à un incendie de génie."
Philippe HAIMART - Ouest-France du lundi 7 août 2006

"Certes, on parlait depuis longtemps de la confrontation de ces deux géants ... L'émotion éveillée lors de leur concert a néanmoins largement dépassé les espoirs des organisateurs. Visiblement complices, les deux musiciens ont instantanément capté l'attention du public, et ne l'ont plus lâchée. "Magique": le qualificatif a ensuite longtemps couru parmi les allées du festival."
Pauline FREOUR

Avec Esma
En mars 2007, le nouveau CD de la "Reine des Gitans" Esma Redzepova, la voix des Roms des balkans, se réalise avec la participation de Titi Robin. (Production: Accords Croisées).
Une série de concerts pour célébrer la sortie de l'album se déroulera à Paris en juin (au New Morning).
Des concerts à lʼinternational (Allemagne, Angleterre, Inde, ...)
Titi Robin sera nommé professeur Honoris Causa de l'Université de Macédoine à Skopje en juin 29010 en présence d'Esma Redzepova.

“One of those wizard finger-pickers who can master any instrument that looks even vaguely liked a guitar, Thierry ʻTitiʼ Robin has been making records since 1992 that explore ways to connect gypsy, flamenco, middle eastern and north Indian music. On his latest album, Titiʼs eighteen-year-old daughter Maria sings on two tracks, and I made a special request that he feature both of them in his groupʼs set of three songs.

Serene and beautiful in a bright red dress, Maria sang in a high, yearning voice that was equally effective on the slow ʻRovave, Rovaveʼ and the rousing ʻAmantito.ʼ Maria has no vocal role on the third song ʻMedhiʼ, which dates from an earlier period in Titiʼs career, but she added hand-claps until Titi gave her the nod to get up and dance in swirling, dervish like pirouettes. When word gets out about Maria, undoubtedly a star in the making, Titi will finally get the international recognition that has been long overdue ."
Charlie GILLETT The Sound of the World BBC London à propos du concert au Womad de Reading (UK)

A l'automne 2008 sort "Kali Sultana, l'ombre du ghazal", nouveau projet à la fois discographique et scénique.
Longue suite en deux volets, sept mouvements et trois intermèdes, cet album-fleuve a la force et la fluidité dʼun poème lyrique et épique. Les motifs mélodiques et rythmiques sʼenchaînent, se répondent et se prolongent, unis par la libre inspiration dʼune musique qui abolit toute distance entre la geste improvisée et la tradition écrite, la parole individuelle et le souffle collectif, la ferveur de la danse et le recueillement de lʼintrospection, lʼattachement au réel et lʼaspiration au rêve.

"I used to dream of a world in which composers, performers and producers could make music without being constrained by the bottlenecks of genre and market forces. French guitarist Titi Robin has made an album as if that fantasy were true ... the result is rich and moving, a tale with the depth of a novel and the narrative drive of a folk legend."
John L. Walters THE GUARDIAN 2009

En octobre 2009, sortie du CD "Jaadu" et début de nombreux concerts internationaux avec Faiz Ali Faiz, pour lequel Titi compose un répertoire entièrement original au service de la poésie soufi du qawwali.

"Une flamboyante rencontre, ... une stupéfiante évidence." LE MONDE - BEST OF 2009

"Faiz Ali et Titi élaborent un répertoire enchanteur, tirant son naturel d'une intense maturation." LIBERATION - CD DE L'ANNEE

"A real meeting of minds and styles ... a brilliant recording."
SONGLINES - TOP OF THE WORLD

Courant 2009, "Gitans" sort en édition anglaise au Royaume Uni.

"I defy anyone to listen through that and not to be profoundly moved. This one goes beyond music." UK traveller, 2009

Cet été là, il rencontre à l'initiative de Brahim el Mazned (festival Timitar/ Agadir) et Patrice Bulting (festival les Escales/ St Nazaire) le joueur de guembri marocain Majid Bekkas avec lequel il crée un spectacle original pour ces deux festivals qui défraie la chronique (pleines pages dans Libération et Le Monde).

De fin 2009 à 2011, Titi Robin travaille à son triptyque "Les Rives", projet de longue haleine qui lui tient particulièrement à coeur:
Enregistrer un disque dans chacun des trois pays suivants, l'Inde, la Turquie et le Maroc, autour de son répertoire avec des musiciens locaux, produit par une maison de disque locale et à destination du public local, afin de rendre aux cultures qui l'ont tant influencé ce qu'il estime leur devoir. Dans un deuxième temps, les trois Cds sortiront groupés dans un coffret pour une distribution internationale. (voir blog dédié à ce projet: …..)

En 2014, paraît "L’Ombre d’une source", une rencontre avec l’immense comédien Michaël Lonsdale. En parallèle de son travail internationalement reconnu d'artiste musicien, Titi Robin n'a cessé d'approfondir par la pratique une recherche littéraire et poétique. Instrumentiste de premier plan, créateur exemplaire tant par l'ouverture de sa musique que par sa philosophie à la croisée de la recherche esthétique et de l'expérience vécue, il concrétise en 2014 dans cette nouvelle oeuvre un projet ancien. 

"Dialogue fusionnel intense qui ne forme qu'un seul chant" selon ses propres mots, "L'ombre d'une source" a été conçu pour et en duo avec l'immense comédien Michael Lonsdale, dont la voix est aujourd'hui l'une des plus belles dans le monde du théâtre et du cinéma. Dans cet album hors du commun, la musique est langage et la poésie, sur les ailes de la voix, assume pleinement sa part de musicalité. 

En 2015, Titi Robin prolonge sa collaboration avec le jeune et charismatique artiste gnawa Mehdi Nassouli.  Après avoir enregistré ensemble l’album marocain « Likaat » et partagé la scène pour le spectacle « Les Rives », ils abordent un répertoire original de chansons et d’ instrumentaux, que Titi a composé pour l’occasion à destination de cette belle voix marocaine et du groove éclatant de son guembri, qui se marient si bien aux phrases incisives du bouzouq et de la guitare du musicien français.
Selon lui: 
"Taziri est un blues méditerranéen, tendant un pont musical entre les rives nord et sud de notre mer commune.  Taziri renoue avec ces racines qui nous lient. Aux clivages qui voudraient nous diviser, Taziri est fondamentalement rebelle. Signifiant en berbère le clair de lune, Taziri est là pour éclairer nos nuits."


Titi Robin est un artiste en marge. On le situe dans une mouvance « musiques du monde » quʼil ne reconnaît pas, car elle lui semble témoigner dʼun profond ethnocentrisme, en créant une barrière entre les musiques « ethniques » occidentales (rock, jazz, ...) et les autres ! Pour lui, le métissage des musiques nʼest en aucun cas une valeur en soi, mais simplement une réalité, sa réalité. Lʼessentiel étant de trouver la voie la plus juste entre le sentiment à la source de la création et la forme artistique chargée de lʼexprimer, quʼelle se matérialise dans un style purement traditionnel ou quʼelle bouleverse les codes établis.

Traçant sa propre route, il a su écouter les encouragements dʼartistes éminents comme les chanteurs flamencos Fosforito ou Chano Lobato, ainsi que le virtuose du ʻoud Munir Bachir, qui ont reconnu dans ce parcours atypique une sincérité et une authenticité, par delà les différences.

"Mon univers esthétique est l'héritier pleinement moderne et contemporain d'une civilisation qui, elle, est ancienne, méditerranéenne, qui a réunit de nombreux styles artistiques tout au long de ses rives, depuis le sud des Balkans jusqu'à l'Afrique du Nord, des rives sud de l'Europe jusqu'au Machreq. Il a été fondateur à une autre époque pour de nombreux artistes mais aussi scientifiques, médecins, philosophes, artisans ou poètes. 

De plus, la culture méditerranéenne a longtemps été irriguée par un fleuve culturel et philosophique venu du Nord de l'Inde, à travers l'Asie Centrale. C'est également le même chemin qu'ont parcouru les Gitans. Voilà pourquoi j'entends parfois dans le chant d'un Kalo du quartier San Jaume de Perpignan la même métaphore poétique que me soufflait quelques jours plus tôt un Langa du Rajasthan ou un qawal de Lahore. Tous ces styles se font écho, s'opposant ou s'attirant, mais se rejoignant sans cesse. Ils sont toujours vivants et transparaissent sous mille formes complémentaires.
Créateur contemporain, je ne fais donc aujourd'hui aucunement de la "fusion" mais, armé de ce langage qui m'est propre, de ce vocabulaire et de ces compositions qui racontent mon parcours et mon identité, je revendique au contraire une filiation avec les éléments de cette mosaïque à la fois diversifiée et homogène qui préexistait largement à ma démarche."

Titi robin